présentation

activités

Olivia Home

CENTRE DE rehab

BéBé-lotus

santé

education

Foyer Filles

Foyer garçons

PARRAINAGE

NOS PROJETS

NOS PARTENAIRES

bulletins

newsletter

actualités

 

 

 

RAPPORTS DE STAGES    

[1][2][3]

 

 

« Quand on ne fait que contempler l’idéal, il semble séduisant,

mais la réalité se révèle bien différente. »

 

 

 

Par Sylvie

 

Par où commencer… tant de choses à dire et cependant, la perplexité demeure dans mes pensées. L’expérience que j’ai vécue en Inde m’a mise face à une réalité qui m’a profondément touchée et placée dans une certaine confusion. J’ai reçu beaucoup d’informations de la part de mon amie Edith Stecher, qui œuvre là-bas depuis 1998, avec une volonté, un courage et une détermination que je qualifie de remarquable. Beaucoup d’informations, diverses situations, des rencontres, des échanges…

Il me semble également important de rappeler brièvement quelques unes des motivations qui m’ont conduite à vivre ce stage en Inde. L’une était de travailler au contact de personnes d’autres cultures et tenter de comprendre leur vision, dans leur réalité quotidienne. De confronter mes valeurs éducatives, sociales à ce contact. Il y avait aussi une volonté de rencontrer Edith au cœur de sa réalisation, afin de tirer de cette expérience des faits concrets qui me permettraient d’affiner mon questionnement sur l’aide humanitaire et ma profession.

 

Le foyer L’Olivia se situe à T.G. Doddi, petit village faisant partie du district de Jageri composé de 8 villages. C’est une belle région au pied de petites montagnes, au cœur de la nature et loin de toute nuisance citadine. C’est en quelque sorte un monde à part à l’abri du monde extérieur. La réalité de ce peuple rural vous plonge dans une projection d’un lointain passé. Pas de voitures, pas de machines agricoles, tout le travail s’exécute à la main ou avec des bœufs. La ville commerçante la plus proche est localisée à 20km, (40min en bus).

L’Olivia accueille 20 enfants (2003). Parmi ces enfants, 10 sont lourdement handicapés. L’institution n’est pas équipée de matériel médical spécialisé. De par son emplacement reculé, il est très difficile de trouver des infirmières ou du personnel qualifié pour donner des soins thérapeutiques indispensables à ces enfants. Aucun médecin ou physiothérapeute n’accepte de se déplacer à Jageri en raison des mauvaises routes qui mènent au foyer.

Lorsque je suis arrivée, j’ai eu droit à un accueil simple, chaleureux, souriant et discret. Première rencontre avec les enfants et les jeunes femmes travaillant dans la structure. Première réaction difficile en voyant par exemple, Mark, couché dans son petit lit, atteint d’hydrocéphalie, avec un bec de lièvre, le palais ouvert et aveugle car il n’a pas d’yeux…

 

Me voilà plongée dans le vif du sujet ! Pas facile…

Les jeunes femmes viennent des villages de Jageri. Elles sont jeunes, entre 15 et 25 ans. Elles profitent de l’opportunité d’avoir un emploi à l’Olivia car la plupart d’entre-elles n’ont pas la possibilité de suivre des études. Leur salaire pourrait servir au financement d’éventuelles études mais le plus souvent, celui-ci subvient aux besoins de toute la famille. C’est malheureux mais c’est ainsi… Leur emploi est aussi parfois une issue momentanée à leur mariage arrangé par leurs familles.

 

Ce ne sont donc pas des professionnelles de l’enfance et leur apprentissage se fait directement sur le terrain. Ces filles sont très jeunes, elles n’ont pas ou peu d’expérience de vie et n’ont d’autres références que celles de leur propre enfance et de leur système familial. En prenant ces facteurs en considération, j’estimais qu’elles s’en sortaient plutôt bien dans leurs fonctions. Au niveau des soins à apporter aux enfants, elles intervenaient avec un savoir-faire convenable, bien qu’elles n’agissent pas forcément avec beaucoup de douceur. J’ai remarqué également qu’elles ne jouaient pas beaucoup avec eux et lorsque je m’amusais avec les enfants, elles m’observaient de loin avec un certain désarroi.

 

Quant aux enfants, au début de mon séjour, je passais plus de temps avec le groupe légèrement handicapé, éprouvant un certain embarras avec l’autre groupe. Nous étions facilement à l’extérieur et le rapport avec eux s’est fait aisément. Même s’ils ne parlaient pas l’anglais, je parvenais à entrer en communication en utilisant des chansons, en claquant des mains ou des doigts, en jouant au ballon. Ce qui m’a le plus frappé, c’était leur enthousiasme… il suffisait de ma simple présence et de mon attention pour leurs procurer une joie immense. Ces enfants me surprenaient par leur émerveillement et leur esprit solidaire. La solidarité est-elle un état instinctif ou se développe-t-elle selon le contexte dans lequel on se trouve ?...

 

Avec le deuxième groupe, j’ai eu besoin de temps pour faire face à mes réactions qui freinaient mon approche. Comment ne pas m’arrêter sur cette apparence physique et passer au-delà ? J’avais du mal à saisir le sens de la vie de ces petits êtres totalement dépendants ? C’est en échangeant avec Edith que je suis parvenue à modifier mon comportement et que j’ai pu aller à leur rencontre. Etre capable d’être, être là… présente, attentive, réceptive… en toute simplicité… Belle leçon d’humilité…

 

Tout au long de mon séjour, j’ai suivi Edith dans ces nombreuses démarches. En plus de l’Olivia, elle offre la possibilité à un grand nombre d’enfants, au travers des parrainages, d’aller à l’école et de recevoir un enseignement supérieur que celui offert par les écoles gouvernementales dont le niveau n’est pas très élevé.

 

Actuellement elle est à la tête d’un nouveau projet. Un centre de réhabilitation pour enfants handicapés avec dispensaire. En raison des difficultés qu’elle a pour trouver du personnel médical à Jageri et vu le refus qu’elle doit faire pour toutes nouvelles demandes à l’Olivia, elle a élaboré, en réseau avec d’autres partenaires et donateurs un projet de construction à Kollegal, petite ville commerçante à 20km de Jageri. L’idée étant de transférer les enfants souffrant de troubles graves afin de recevoir les soins appropriés à leurs handicaps.

 

Edith m’a beaucoup parlé, des difficultés qu’elle a rencontrées tout au long de son parcours. Elle m’a raconté toute son histoire, et quelle histoire… un vrai parcours de combattant, proche de la fiction, mais bel et bien la réalité dans toute la splendeur du fonctionnement indien.

 

J’ai été mise face à la réalité de l’Olivia, des enfants, du manque de matériel médical pour certains d’entre-deux, du fonctionnement de l’équipe. J’ai constaté qu’avec des moyens très limités il était possible de réaliser de Grandes choses. Les enfants en sont l’exemple type… ils vivent en parfait équilibre dans un monde à part… et tant mieux pour eux…

Mise face à l’enseignement et l’éducation où on incite l’enfant à devenir un automate dénué de toute autonomie et responsabilité. L’apprentissage à la « baguette » par répétition orale et écrite où l’aspect ludique n’existe pas, où l’enfant n’est qu’un numéro parmi tant d’autres…

 

Ayant perçu brièvement ce mode d’apprentissage, il m’était plus facile de comprendre le comportement et le fonctionnement des indiens adultes...

 

Mais peut-on leurs en vouloir ? Sont-ils responsables de cela ?

 

Mise également face aux difficultés d’ordre relationnelles. Problème de la langue, problème d’être une femme, qui de part ce statut n’est pas prise en considération comme le serait un homme. Difficile de trouver un terrain d’entente, de partage et de compréhension quand les réalités de chacune et chacun sont tellement distinctes. Comment pouvoir collaborer avec une équipe quand les priorités sont diamétralement opposées ?

 

D’avoir pu suivre, écouter, interroger, observer Edith au cœur de sa réalisation a été une chance inouïe et j’en suis très reconnaissante. C’est une femme épatante, douée de multiples compétences ; sa détermination, sa confiance, sa foi, son intégrité, son humour, son amour, son savoir-faire, quelles que soient les circonstances, ont été pour moi un magnifique exemple que je ne suis pas sûre de pouvoir suivre… De m’être immergée dans sa réalité et de lâcher l’idée que je m’en faisais a été salutaire. L’expérience de mes différents voyages m’a permis de vivre certains de ces décalages avec plus de sérénité qu’autrefois. Bien qu’ayant été bousculée, interpelée, même attristée face à des attitudes que je considérais très enfantines, aujourd’hui, je reconnais que c’est une réalité que je ne changerai pas. Accepter la réalité ne signifie pas me satisfaire, la reconnaître par contre, me permet d’agir avec bon sens… ici ou ailleurs…

 

Il m’a fallu du temps pour la digestion et l’intégration des nouveaux éléments qui se sont greffés à mon expérience de vie, personnelle et professionnelle. J’avoue ne pas encore savoir exactement vers quoi ils me conduiront mais je conviens qu’il m’est plus facile maintenant, de relativiser et d’accepter ce qui « est », là où je suis, et de laisser place à l’humilité et à la confiance…

 

Les mots sont-ils suffisants pour traduire ce qui repose au fond de mes entrailles après ce vécu ?

 


 

 top

qUI NOUS SOMMES:

[présentation] [olivia-home-JAGERI] [CENTRE DE REHAB.KOLLEGAL][BB-lotus] [santé]
qUE FAISONS-NOUS : [activités] [enseignement] [PARRAINAGE] [NOS PROJETS]
DIVERS: [ARCHIVES] [bulletins] [BENEVOLAT] [GALERIE c.k.] [LIENS]