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Shiva Kumar
né le 18.03.2000.
Grâce à la grand-mère du bébé
Shiva Kumar
est en vie. Un matin,
à l'aube,
arrive au centre une belle femme. Elle s'assied
par terre, elle a mal aux pieds car elle vient
de marcher 1h30. Elle reste là sans dire mot,
le
regard fixé sur le sol.
Soudain elle crache le morceau et nous dit
d'une traite,
sans
respirer,
qu'elle a une famille de 7 enfants dont une
fille
de 22 ans
qui
vient juste de perdre son mari. Il est mort à 27
ans d'un cancer du fois.
Ils avaient
déjà un enfant et sa
fille
venait
d'accoucher d'un 2ème garçon. Puis elle dit,
qu'ils ne peuvent pas
l'assumer
et qu'ils étaient obligés d'abandonner le
nouveau-né ou .... "..si
vous n'acceptez pas
de le prendre, nous
serions obligés de le tuer!"
Voilà que cela recommence,
pensais-je! L'expérience avec Jyothi Mary
a fait que je ne voulais plus dramatiser.
Pourtant mon cœur
s'est mis à battre, j'avais
envie de hurler,
de lui taper dessus.
Je me sentais nauséeuse et il m’a fallu un
certain temps avant de pouvoir reprendre la
conversation. Il ne fallait surtout pas ébruiter
l'affaire et la traiter dans le plus grand
secret. Nous avons discuté longuement et
envisagé plusieurs solutions pour les dissuader
d’abandonner le bébé. Nous avons également
demandé à la famille de demander l’avis de la
belle-famille. Nous leur avons
laissé
une semaine de réflexion.
Après quoi ils sont arrivés avec la réponse
des beaux-parents, encore plus odieuse.
«Faites-on ce que vous voulez, donnez-le ou
tuez-le».
Nous avons
préféré le transférer dans un orphelinat de
Bangalore.
Le
bébé est parti le 10.04.2000.
Ce
que nous n’aurions pas pu faire en le gardant au
village.
Cette famille fait partie de la caste tribale
SC- Schedule Caste. Ils habitent près de la
forêt où ils ont un peu de terrain à cultiver
mais pas d’eau ni d’électricité. L’école se
trouve à plus de 1h30 de marche. Malgré
l’horreur, je n’avais pas envie de les laisser
tomber. Pour avoir un peu d’eau ils devaient
aller la chercher au puits à plus de 800m.
Nous avons
alors décidé de leur donner les moyens de
creuser un puits d’eau potable sur place.
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Bébé trouvé dans une rue du cartier de Shivajinagar
à Bangalore
Décembre 1999, je me
trouve
à Bangalore. Il fait beau et la température
est
agréable. La famille Asadulla déménage, je leur
donne un coup de main. Pendant que les filles
chargent le Rickshaw déménageur, je reste assise
regardant la scène d’une rue ‘trop’ peuplée, trop
bruyante,
très sale.
En face, le poste de police de Shivajinagar. Mon
œil
scrute
chaque détail, comme
un laser qui
ne veut rien perdre de la scène. Au fond de moi,
j’ai comme une impression bizarre, que
quelqu’un appelait au secours. Je faisais le tour et
soudain je vois une femme assise juste là devant
moi. Quelle misère, qui est-elle ? Qu’est qu’elle
faisait là ? J’ai posé la question à Najma, peut
être qu’elle la connaissait? Elle me répond
vaguement avec un air ennuyé, que ce sont des gens
sans domicile fixe, qui se déplacent sans se fixer
nul part. Najma n’avait pas l’air de s’y intéresser
outre mesure. Tout en discutant, je découvre qu’elle
cachait quelque chose sous son sari,… mais c’est un
bébé? Un bébé le ventre ballonné, trop plein de
vide, le petit visage creusé de bien trop souvent
avoir pleuré famine, comme on voyait sur des images
papier glacé luxe, d'enfants du Biafra. Faute de
trouver une réponse sensée, j’ai passé un message,
(phone free of taxes), pensée télépathique, d'amour
et d'espérance au bébé. Je lui ai promis que s’il
était là encore demain, j’interviendrai, c’était
juré.
Nous devions revenir le lendemain et mon seul souci,
au désespoir de Najma, était l'enfant et la femme du
trottoir. Par bonheur ils étaient encore là. J’ai
demandé
à Najma, cette fois sur un ton ferme, de lui poser
des questions. La femme disait, ne pas être la mère
du bébé, que celui-ci lui
avait
été remis par une tierce personne, qui l’avait reçu
par une jeune femme à la sortie d’un Hôpital. Une
histoire abracadabrante, à peine croyable. Nous lui
avons suggéré d’amener l’enfant de toute urgence
dans un Hôpital proche du nouveau domicile de Najma.
Quand le médecin a vu le bébé, il nous a conduit
lui-même avec sa voiture personnelle à la clinique
pédiatrique. C’était une fille, elle ne pesait que 2
kg 300. La femme nous a dit qu’elle l’avait depuis
environs 2 mois et qu’elle n’avait pas donné de nom
à l'enfant. Donc elle s’appellera Kavitha.
Bouleversement de tous mes plans, mais surtout dans
ceux de Najma. Elle était chargée d’aller tous les
jours voir la femme et Kavitha et me faire un
rapport. Il fallait trouver un orphelinat qui prend
la relève. La procédure me paraissait très simple,
trop simple. La femme était d'accord de nous
remettre l'enfant en présence de la police. Cela
nous avait obligés d'aller au poste de police et de
déclarer ce cas. L'agent de police nous a révélé
qu'ils étaient au courant de cette affaire, mais que
faute de moyens, ils n'avaient pas la possibilité
d'intervenir. Que le bébé n'avait de toute façon pas
de chances de survivre.
Kavitha rétablie, nous nous sommes rendus tous au
commissariat de police pour conclure cette affaire.
Le commissaire, visiblement ennuyé de ma présence
dans cette affaire, nous a refusé la remise de
Kavitha et l’a fait transférer dans leurs propres
services.
Kavitha, sois la bienvenue dans la 'jungle',
la vie t'appartient
et que tous les Anges du Ciel te protègent!
PS : Dans ma présente activité, j’ai eu l’occasion
de faire la connaissance de la directrice du service
‘Help Line’ de la ville de Bangalore. Les enfants
trouvés ou récupérés comme Kavitha, sont amenés dans
un orphelinat d’Etat, puis sont redirigés dans
différentes institutions pour l’adoption.
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